Sepp Blatter, Ali Bongo Ondimba et Issa Hayatou. Les deux derniers semblent être très complices.

Sepp Blatter, Ali Bongo Ondimba et Issa Hayatou. Les deux derniers semblent être très complices.

Certains événements qui semblent être anodins, sont souvent révélateurs d’une certaine réalité que seules, les personnes sachant lire les signes des temps, peuvent décrypter ou analyser.

Par Rowland OLOUBA OYABI, cadre du Parti « Les 7 MERVEILLES DU PEUPLE GABONAIS » (7MP)

De prime à bord, la défaite à la tête de la Confédération africaine de football (CAF) lors de l’élection du 16 mars 2017 à Addis Abeba de l’indéboulonnable Issa Hayatou face à Mahmad Mahmad traduirait le ras-le-bol de plusieurs pays anglophones, des pays de l’Afrique australe et de certains pays francophones.

Or, pour les Gabonais avides d’une alternance véritable, différée par la prise du pouvoir via la force d’Ali Bongo au soir du 27 août 2016, ce serait tout simplement la réponse à leurs prières, leurs incantations et leurs efforts fait, vis-à-vis de tous ceux qui de près ou de loin, auraient été complices du maintien de ce dernier à la tête du Gabon malgré le rejet du peuple. C’est la face cachée de l’iceberg. Il est vrai que les choses de la métaphysique relèveraient parfois de l’irrationnel pour justifier certains faits politiques. Cependant, une certaine analyse de ce que sont devenus ceux qui ont cautionné la prise du pouvoir d’Ali Bongo de façon illégitime en 2009 comme en 2016 et qui souhaitaient poursuivre une brillante carrière politique s’impose. Mais, plusieurs ont trouvé malheur en chemin.

La malédiction Ali Bongo chez les colons Français

Le Président Ali Bongo Ondimba et son homologue, François Hollande.

Le Président Ali Bongo Ondimba et son homologue, François Hollande.

Notre analyse du malheur de tous ceux qui ont soutenu ou toléré le régime autoritaire Ali Bongo, commence par les Français. On pourra parler des institutions gabonaises qui ont déclaré Ali Bongo vainqueur de la dernière élection présidentielle mais il ne se serait pas maintenu au pouvoir sans l’appui du trio Hollande-Valls-Ayrault et de Nicolas Sarkozy qui l’a imposé en 2009 aux Gabonais. La position du député allemand Joe Leinen lors des auditions au parlement européen condamnant un potentiel blocage des sanctions contre le régime d’Ali Bongo par la France en dit long.

Le silence coupable de François Hollande, a fini par conforter Ali Bongo dans son obstination à ne pas accepter sa défaite. Le rétropédalage de Manuel Valls et de Jean-Marc Ayrault reconnaissant au Gabon un président de fait a surpris plusieurs Gabonais à la recherche d’une véritable alternance au sommet de l’État. L’invocation de toutes les forces visibles et invisibles du Gabon a mis un terme à leurs brillantes ambitions politiques. François Hollande a été obligé de jeter l’éponge quant à l’éventualité d’une candidature pour un second mandat à la Présidence de la République.

Pour Manuel Valls qui soutenait Ali Bongo par rapport à son don de 2 millions d’euros, il a été brillamment battu aux primaires de son parti pour la présidentielle de mai prochain alors que Jean-Marc Ayrault compte ses derniers jours au Quai d’Orsay. Pour les férus du football européens et fans du Paris Saint-Germain, ils devraient aller fouiller l’origine de leur malédiction contre le FC Barcelone qu’ils ont battu au match aller de la ligue européenne 4 à 0 au Park des Princes pour se faire laminer au match retour 6 à 1, du jamais vu dans ce grand championnat des clubs au monde.

En effet, lors de la 18ème édition du Trophée des Champions le match a eu lieu à Libreville au Stade de l’Amitié le 3 août 2013 entre le Paris SG aux Girondins de Bordeaux. Ce match aurait été organisé par Ali Bongo. Cela dit, tout ce qui rentre en contact avec Ali Bongo tombe en ruine tôt ou tard si ce n’est totalement mourir. Le malheur du Paris Saint-Germain viendrait donc d’Ali Bongo.

Les autres européens ou ceux des autres continents ne sont pas en marge

Le 18 mai 2012 Ali Bongo Ondimba rencontrait son homologue britannique, le Premier Ministre David Cameron à Londres, à la résidence officielle du Premier Ministre au 10 Downing Street. Tout le monde sait que ce dernier a pris une retraite anticipé à cause de la question du Brexit. De son côté, la méga-star footballistique Leonel Messi n’a pas été épargnée par la poisse d’Ali Bongo car les 17 et 18 juillet 2015, il apportait sa caution au règne d’Ali Bongo en effectuant une visite en culotte au Gabon, au point de marcher aux cotés de lui, sur le tapis rouge en « baskets ».

La facture s’élevait à 3,5 millions d’euros, selon les propos du journal français Le Monde, dans un pays ou le championnat national a du mal à aller jusqu’à son terme. L’année qui suivait a été très dure pour Messi, car il a perdu la finale de la Copa America face au Chili aux tirs au but. Or, Messi, présenté comme le meilleur joueur de la planète, ratait l’un des deux tirs au but argentins tout en empêchant l’Argentine d’obtenir son premier titre de la Copa America, depuis 1993.


Les Africains n’ont pas été épargnés

Concernant les Africains, ils n’ont pas été épargnés par la malédiction Ali Bongo, après leur soutien indéfectible vis-à-vis de lui. Abdoulaye Bathily, ancien représentant du secrétaire général des Nations Unies en Afrique centrale, a été battu à plate couture par le Tchadien Moussa Faki Mahamat. Abdoulaye, citoyen d’un pays accoutumé à la vraie démocratie et à l’alternance démocratique, le Sénégal, a fermé les yeux sur le coup d’État politico-militaire orchestré par la junte au pouvoir pour espérer un soutien d’Ali Bongo en faveur de sa candidature à l’élection de la commission de l’Union africaine. Comme tous ceux qui pactisent ou cautionnent Ali Bongo finissent par trouver malheur en chemin, le professeur Abdoulaye Bathily a perdu son prestigieux poste de fonctionnaire international.

En outre, la victime la plus surprenante est Issa Hayatou, qui est resté longtemps à la tête de la très convoitée Confédération africaine de football (CAF). Il est vrai que son combat en faveur de la reconnaissance du football africain au plan mondial est à féliciter mais la CAF avait besoin de faire une cure de jouvence après les scandales de la FIFA dans lesquels nombreux de ses proches étaient cités. Quant à insister à ce que la CAN « non sucrée » Total 2017 ait lieu, malgré le deuil qui frappait le Gabon à la suite de l’élection très contestée de son ami Ali Bongo, sa guigne lui a collé à la peau.

Car, voyez-vous, tout ce qu’Ali Bongo touche ou s’associe avec tombe en ruine. Pierre Emerick Aubameyang et Bouanga savent que la CAN voulue par Ali et offerte par Issa Haytou dans les conditions les plus opaques au Gabon au détriment de l’Algérie leur a permis d’être éliminés au premier tour d’une Coupe d’Afrique des Nations organisée chez eux sans la bénédiction de leur public.

Enfin, les Gabonais n’oublieront jamais que le très charismatique leader de l’opposition gabonaise Pierre Mamboundou Mamboudou est passé de la vie à trépas après avoir commencé des négociations secrètes avec Ali Bongo.

Au regard de cette analyse pleine d’enseignements d’un fils d’Afrique, n’est-ce pas comprendre par là que la chute de l’inamovible Issa Hayatou, dont la gestion ressemblait à celle d’un chef de village africain, ne sonne pas le glas du régime Bongo-PDG ? On sait qu’Hayatou est un fils d’Afrique centrale et il est dit dans cette région du continent qu’un Okoumé ne tombe jamais seul en brousse. Telle risquerait d’être aussi la fin de ce régime cinquantenaire. Les jours à venir nous édifieront un peu plus.

VN:F [1.9.16_1159]
Evaluez cet article
Rating: 0.0/6 (0 votes cast)