-"ma co, il paraît que le gouvernement va couper facebook !!" - "tsouoo ah çaaa c'est kinda le pays là hin??"

-« ma co, il paraît que le gouvernement va couper facebook !! »
– « tsouoo ah çaaa c’est kinda le pays là hin?? »

 

Ce début de phrase, est devenue presque incontournable dans les conversations des populations gabonaises. Le « kongossa », qui est devenu presque une denrée au Gabon, ferait rougir le plus zélé des religieux outre atlantique.

 

Au Gabon, « Il paraît que… » est un début de phrase qui annonce, soit une bonne nouvelle, soit un fait divers qui alimente les foyers familiaux, les actions du gouvernement ou encore, les déboires des personnalités politiques gabonaises.

 

La rumeur: une denrée très prisée des gabonais

 

La critique est devenue une denrée très prisée des populations gabonaises. Il n’y a pas un seul jour qui passe, sans que l’on entende une rumeur qui, dite un soir sous la couette, se retrouve curieusement sur la place publique ! Non pas qu’elle ait gardée son origine intacte, mais a plutôt été amplifiée par des rajouts, des tournures de phrases « assassines » pour rendre l’information plus…piquante…plus…croustillante dans les oreilles et les yeux avides de choses vils et sans intérêts majeurs d’une catégorie de personnes.

 

Il est souvent dit qu’au Gabon, lorsque l’on entend une rumeur,  c’est qu’elle est à 90% vraie (encore faudrait-il avoir un audit national pour le confirmer). Avec l’arrivée de l’internet et des téléphones mobiles Androïdes, une information va si vite qu’on ne peut l’arrêter à temps, dans le cas où elle s’avèrerait fausse. Aujourd’hui, une nouvelle génération de communicateurs est née: les cybers journalistes. Ces personnes qui, devant un écran d’ordinateur ou sur un téléphone portable, distillent à longueur de journée, des informations aux populations gabonaises connectées.

 

Cybers journalistes ou cybers activistes partisans

 

Une analyse rapide sur les réseaux sociaux démontre effectivement qu’il y a deux sortes d’individus qui informent ou infirment un événement. Il est assez déplorable de lire sur les réseaux sociaux, des appels à la violence, à la haine et au tribalisme. Le climat post électoral au Gabon alimenté par ces personnes malintentionnées n’augure rien de bon. Le souvenir abominable du Rwanda revient souvent dans la mémoire collective de ceux des gabonais conscients du danger de telles dérives verbales.

 

Comme il est tout aussi déplorable de constaté un phénomène devenu récurrent en Afrique, lors qu’arrive les élections présidentielles: les télécommunications sont purement et simplement « coupées », durant la période du vote. Et le « il paraît que… », ce début de phrase qui annonce, soit une bonne nouvelle, soit un fait divers, aurait tout son sens aujourd’hui. Il se susurre ici et là, que pendant trois jours, lors des élections présidentielles d’août 2016, la connexion internet sera suspendue et les appels téléphoniques aussi. Il semblerait que des tests grandeurs nature, s’effectuent il y a déjà un bon moment. Des tests sur la « coupure de la connexion » internet, ou encore, le brouillage des appels téléphoniques se feraient à certaines heures stratégiques conformes au processus électoral.

 

Ce nouveau concept typiquement africain semble s’enraciner dans les pays à la démocratie fragile. Il ne serait pas étonnant que les gabonaises et les gabonais en fassent l’amer expérience, lors des élections présidentielles d’août 2016, eux qui sont sur le net, 24h/24h. Enfin, il paraît que…

 

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