« Il n’y a pas de sots métiers, mais de sottes gens ». Cette maxime, beaucoup de personnes semblent ne point la comprendre. C’est pas le cas de Jérôme, un jeune du quartier du Pont d’Akébé, dans le 4ème arrondissement de Libreville, qui a fait de l’esthétique, son métier.

 

Rencontré par pur hasard, au détour d’une ruelle, il est là. Assis, soignant les mains graciles d’une charmante femme, riant et blaguant sur une anecdote qui s’est déroulée dans le quartier, il quelques jours. Une convivialité qui fait plaisir à voir. Regarder un homme faire la manucure à une femme à Libreville, est presque devenue un fait insolite, mieux, une initiative à encourager.

 

Le jeune Jérôme, pendant les soins des mains d une cliente

Le jeune Jérôme, pendant les soins des mains d une cliente

Aller chez l’Esthéticien ou aller faire la manucure et pédicure ?

 

Plusieurs fois, les gens banalisent ce métier qu’est l’esthétique des mains et des pieds. Ils préfèrent vulgariser cette profession en parlant du lieu où l’on fait les soins des mains et des pieds « Manucure et Pédicure » que « Chez l’esthéticienne ou l’esthéticien ». Oui, vous l’aurez compris, les hommes aussi s’y mettent ! Après le phénomène des hommes qui tressent et coiffent les femmes avec aisance professionnelle, ils sont aussi devenus Esthéticiens. Aux « États-Unis des Akébé », lorsque le jour s’est levé, Jérôme, un jeune homme de 27 ans, d’origine camerounaise, s’affaire à ranger son matériel pour aller se placer à un lieu stratégique, où les populations qui vaquent à leurs occupations, ne peuvent le rater.

 

Arrivé il y a deux ans au Gabon, Jérôme, qui a apprit le métier d’esthéticien dans une école spécialisée du Cameroun, se rend compte que les hommes qui font ce métier sont souvent vus comme étant des homosexuels ou des tarés de la société. « Qu’importe ! Je ne me reproche de rien. Je ne suis pas un voleur ni un bandit. Je fais ce métier parce que c’est ma passion. » Dit-il pour effacer d’un revers de la main, les regards moqueurs et les préjugés imputés à sa modeste personne.  » Beaucoup de gens négligent ce métier. Moi, j’arrive à bien vivre de ce métier. Je paie mon loyer et nourrit ma petite famille avec ce que je fais ». Ajoute-t-il, comme un appel à la jeunesse désœuvrées qui passe son temps à écumer les Bars et à commettre des larcins dans la capitale.

 

Une clientèle diversifiée et fidèle

 

Installé en pleine air, à côté d’un magasin, juste à la rentrée qui jouxte le petit marché où l’on vend le manioc, assis sur un petit tabouret, Jérôme se concentre sur son travail. Sa gaieté et son sourire donnent aux clientes et clients, la confiance que leurs mains et leurs pieds sont entres ceux d’un expert. Selon les différents témoignages recueillis dans le quartier, hommes et femmes se bousculent devant le « petit salon » de Jérôme. C’est que l’homme est un artiste et enchaine les clients. « Je suis très satisfaite du travail de Jérôme. Il est jeune, il a du talent, c’est pourquoi nous revenons ici. Souvent, nous faisons la queue pour qu’il nous reçoit ! » Renchérit Mme Mista, une cliente fidèle. Il y a peu, Jérôme a été rejoint par un autre jeune compatriote, qui a préféré garder l’anonymat.

 

Si au Gabon, les autochtones ne semblent voir les nombreuses opportunités de gagner sa vie par de petits métiers, pourquoi fustiger nos frères qui viennent avec des ambitions, des idées pleines la tête pour gagner la leur honnêtement ? Rien. Cependant, l’orgueil et le « qu’en dira-t-on » est devenue une pensée collective dans le cerveau de certains gabonais adeptes de l’hédonisme. Alors, jeunesse gabonaise, lève-toi et bosse !

 

À toutes fins utiles, Jérôme est célibataire et père d’une charmante petite fille et répond aux numéros suivants : 02888989 / 05564862.

 

 

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